Retour sur la 12ème édition de La Fête du Cirque : 1, 2, 3, soleil !

Le 28 mai, puis du 31 mai au 2 juin, près de 16 000 festivaliers ont embarqué avec bonheur, depuis le Château de Gromesnil à Saint-Romain-de-Colbosc, pour un voyage vers d’autres horizons, jalonné d’humour, de fantaisie et de prouesses circassiennes. Trois jours de spectacles, qui ont permis au public de renouer avec son cœur et son regard d’enfant, et qui se concluent par un soleil radieux pour enfin toucher les étoiles…

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Première escale en Finlande avec les 8 artistes féminines de Mad in Finland, par la compagnie Galapiat Cirque. Les voyageurs ont pu découvrir le folklore et l’histoire de ce pays dans une ambiance fantasque et survoltée, aussi chaude que le pays est froid. Numéros de capilotraction, tissu, trapèze, fil… se sont conclus par un sauna et une dégustation de vodka-réglisse.

Le festival était lancé. Le trio féminin La Triochka a laissé le public bouche bée devant la grâce du spectacle TopDown qui abordait au travers de leur portés acrobatiques les relations de domination et de soumission. Les femmes, décidément à l’honneur, ont réinterrogé leur place en démontrant qu’elles pouvaient aussi se faire porteuses de leur partenaire masculin dans le spectacle Dolce Salato du duo italien de Circo Carpa Diem. Une prestation impressionnante et empreinte de délicatesse et de poésie qui a marqué l’esprit des spectateurs. 

Autre couple, autre ambiance du côté des Patineurs de 15feet6 qui s’affrontaient dans une compétition acharnée, soutenus par leurs coachs, au cœur du public. Le binôme de Super super a fait découvrir aux spectateurs hilares une nouvelle discipline olympique : la natation synclownisée de Plouf et Replouf. Toujours dans le registre burlesque, Caillasse de la compagnie Le Guichet a chatouillé le public avec son humour délirant et corrosif emmené par une interprétation magistrale qui n’est pas sans rappeler la commedia dell’arte. Deux fonctionnaires de l’Europe sont venus contrôler le festival qui malheureusement ne remplissait pas le quota de 30% de ukulélé dans la programmation. S’en est suivi un rappel à la loi tout en jonglerie lors du spectacle Ce ne sera pas long de la compagnie Girouette.

La fête ne serait pas complète sans propositions musicales. Les percussionnistes affamés de l’Ecole de musique et de danse intercommunale ont chauffé la place, et le public autant que la fanfare Imperial Kikiristan qui n’a pas manqué d’aller taquiner les festivaliers.

Les familles ont profité du week-end pour s’attabler à l’espace de convivialité, face au château et à la scénographie florale du collectif Zarmine, et jouer de leur  complicité en se défiant sur les jeux en bois de Festijeux et compagnie. La Maison Pour Tous a donné l’occasion aux enfants de s’essayer à la pratique circassienne lors d’ateliers d’initiation et a joué du pinceau sur trois stands de maquillage. Les plus jeunes, et même certains adultes, ont également pu se prendre pour de véritables jockeys et disputer une course de draisiennes sur L’hippodrome de poche proposé par Lez’Arts vers... Côté spectacle, les têtes blondes ont rêvé devant l’univers bucolique et les bulles de Sous une pluie d’été par la compagne Syllabe ou retrouvé avec plaisir la figure héroïque de Zorro réinterprétée par Le Guichet.

Samedi soir, la compagnie Avis de tempête a fait prendre au public de l’altitude avec son concert circassien perché à 9 mètres du sol et a tenu sa Promesse du vide. Le festival s’est terminé en apothéose et dans les étoiles avec l’équipe de cosmonautes des Sanglés / En corps en l'air lors de l'unique représentation de Gagarine is not dead. Machinerie tournoyante, portés acrobatiques et aériens, musiques pop/rock : un final vertigineux et à l’image du festival qui restera dans les mémoires. Chaque année à l’occasion de La Fête du Cirque, nos capsules spatiales individuelles se frottent, s'accostent et se cherchent, se découvrent, se télescopent et s'invitent ; un ballet cosmique à échelle humaine chorégraphié par la seule envie d'être là.

Une 12ème édition qui nous laisse devant un horizon large comme le monde, nous donne envie d’aller vers tous les possibles, nous invitent à investir chaque interstice dans l’espace de nos perspectives, à imaginer dès aujourd’hui un ailleurs… La Fête du Cirque est une fissure dans les murs de notre quotidien où le vivre ensemble prend racine comme les vénérables arbres centenaires du parc d’un certain château...